La radio, grande perdante de la crise ?

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La radio, grande perdante de la crise ?

La radio, grande perdante de la crise ?

Publié le 26 juin 2021
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Une histoire d'amour longue de 27 années : entre France Info et Jérôme Colombain, c'est fini ! Le journaliste tech a décidé de lancer son propre podcast, « Monde numérique ». Alors que la radio subit la crise, le média vient de fêter le centenaire de la première édition de Radio Tour Eiffel. Avec lui, nous avons parlé de l'avenir de l'audio et de ses axes de développement : réseaux sociaux, objets connectés et Clubhouse.

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Nous venons de fêter les 100 ans de la radio et vous êtes journaliste spécialisé en technologie, ex-animateur du podcast « Nouveau monde » et auteur de plusieurs livres dont le dernier sorti : « Faut-il quitter les réseaux sociaux ? » Pourquoi LinkedIn n'y est pas ?

À l'époque, le réseau était épargné de ces problèmes qu'on voyait ailleurs.

Du 31 mai au 6 juin, nous avons fêté les 100 ans de la première édition de Radio Tour Eiffel. C'est un centenaire fringant ?

C'est magnifique, d'autant plus que la radio continue son histoire. Cela montre aussi que c'est un vieux média qui a une histoire formidable. Techniquement, cela a longtemps été le média le plus simple, mais nous entrons dans une période de turbulence, de décroissance.

Depuis le début de la crise, non ? L'audience cumulée a baissé de 77 % à 73 % en 2020 et nous avons perdu 2 millions d'auditeurs.

Cela peut s'expliquer : nous sommes sur le marché de l'attention et la radio doit faire face à la concurrence des écrans au sens large (jeux vidéo, streaming, réseaux sociaux). Le livre et la radio sont les deux perdants.

Les radios privées décrochent : France Inter est bien ancrée devant RTL, tandis que les radios musicales souffrent. Et si le média devait se réinventer ?

Il y a des explications spécifiques mais aussi globales, dont la perte d'influence au profit d'autres médias. Europe 1 a été un « canard sans tête » en changeant de grille tous les ans. Les musicales sont victimes de la concurrence du streaming : nous avons le choix et la qualité audio.

La force de la radio réside dans le live, l'instant : France Info s'en sort plutôt bien grâce à ça, et les radios classiques, avec des rendez-vous, séduisent moins de monde. Enfin, les musicales peuvent séduire par la personnalité des animateurs. Pourquoi le succès de France Inter ? C'est une radio de contenus, tandis que nous avons moins de temps et plus d'offres.

À l'occasion des 100 ans, un papier dans Le Monde retraçait tous les problèmes auxquels était confrontée la radio. Un dirigeant – sous couvert d'anonymat – expliquait qu'avec 12 à 17 minutes de publicité par heure, les programmes sont affectés et dégradés. Dans le même temps, les radios musicales privées demandent à ne plus avoir le quota de chansons françaises.

La publicité est difficile pour les auditeurs, mais nécessaire. Il y a également le risque de spirales : les audiences d'Europe 1 ont baissé et – pour maintenir les niveaux de rentrées publicitaires – ils ont ajouté de la publicité.

De leur côté, les radios publiques ont la chance d'avoir très peu de publicités, ce qui énerve les radios privées. Si c'est une chance pour les auditeurs, il ne faut pas se leurrer : nous la voyons sur d'autres écrans tels que les systèmes payants (Netflix, Spotify) ou les podcasts.

Avez-vous vu des changements de consommation pendant le confinement ?

Je ne connais pas les chiffres de la radio, mais je pense que des changements d'usage existent : le confinement n'a fait que renforcer la concurrence issue d'autres médias.

En quoi consiste le DAB+ ? N'avons-nous pas mis « trop » de temps à mettre en place la radio numérique ?

Cette digitalisation n'aurait pas sauvé le média. Nous avons numérisé la TV, qui en a tiré des bénéfices comme les qualités d'image et de son mais aussi l'interaction. Mais il ne faut pas rêver : je ne pense pas que cela aurait changé quelque chose.

Nous avons tout de même eu 178 millions d'écoutes en France en mars 2021, soit une croissance de 14 %...

C'est normal : depuis 2007, il est obligatoire d'intégrer la technologie dans tous les postes de radio de l'Union européenne, notamment dans les voitures. Personnellement, j'ai été déçu à la suite de problèmes de réception que je n'avais pas avec la FM.

Nous étions supposés revivre une vague telle que la libéralisation des bandes FM. Avez-vous l'impression que nous l'avons vécue ?

Pour moi, l'équivalence est le podcast et Clubhouse. Pas le DAB+.

Il y a une concomitance entre l'audience cumulée qui baisse et l'émergence des podcasts. Cela semble se stabiliser en termes d'audience puisque nous avons 31 % de pénétration sur le marché français. Risque ou opportunité pour la radio ?

Les deux. Qu'est-ce qu'une radio aujourd'hui ? Ce qui diffuse un flux, ou une entité qui produit du contenu et le sème sur toutes les plateformes. Je suis persuadé que nous sommes dans cette confusion, cette convergence. Cela peut être une opportunité, mais il y a plusieurs types de podcasts : les replays et les natifs, qui sont faits spécialement pour le numérique, comme ce qu'a fait Radio France.

Je pense qu'une émission de radio et un podcast sont différents. Nous avons coutume de dire que la radio parle à tout le monde et le podcast à une personne en particulier. Cela induit une nouvelle écriture, une nouvelle manière de présenter les choses.

Filmer la radio, était-ce une bonne idée ou une erreur ?

C'était une bonne idée mais qui n'intéresse pas tout le monde. C'est important pour la zone d'influence de la radio : en allant sur les réseaux sociaux, les reprises des matinales ou des politiques n'auraient pas la même saveur.

Que pensez-vous de l'étoile filante Clubhouse ?

Si elle n'a pas encore filé, le buzz est déjà retombé. L'attirance s'expliquait par mon intérêt pour les nouveaux outils et le format audio. Ce système de rooms ne permettra peut-être pas à Clubhouse de survivre. Il y existe un frein : la contrainte du direct. Pour écouter une longue conférence, le différé peut être plus intéressant.

Clubhouse serait utilisé par 3 % des Européens et 0,87 % de la population française. Le taux de pénétration reste très faible et maintenir la communauté apparaît compliqué, mais le format fonctionne : Twitter a créé Spaces, Discord développe Stages channel, LinkedIn annonce Live Audio Rooms et Spotify lance Greenroom. Quelle est votre vision sur ce sujet et comment envisagez-vous le fait de mettre en place de l'audio social sur ces sujets ?

Cela a du sens ponctuellement, pour des événements tels que les salons high-tech. Mais tout se concurrence : les producteurs et auditeurs ne peuvent pas être partout à la fois.

Croyez-vous à l'audio social sur le long terme ?

Oui ! Ça ne va pas tout balayer, c'est quelque chose en plus. Mais c'est bien que ça existe, car le jour où l'on veut s'en servir, on peut.  

Dans la newsletter de Story Jungle de la semaine, nous pourrons retrouver notre échange ainsi qu'une interview de Mathieu Gallet. Il s'est dit intéressé par les assistants vocaux. La BBC vient de lancer une série de contenus interactifs adaptée aux assistants vocaux.

Cela reste un poste radio à commande vocale. France Info a créé « La question France Info » : un chroniqueur posait une question sur un thème et les gens répondaient vrai ou faux. Ensuite, vous étiez renvoyé à la chronique : c'était à la fois ludique et instructif, amenant vers un contenu produit. L'utilisation se faisait via les assistants vocaux, mais les limites existent : un podcast est généralement écouté seul. Si l'objet est dans un lieu de vie, tout le monde va en profiter et ce n'est pas forcément l'idéal.
 
Lire aussi | "Il faut sortir de notre focus trop français"
Mathieu Gallet - Co-fondateur de Majelan

Après Radio France, quels sont les projets ?

Je vais continuer mon métier de journaliste tech. Mon premier cap est de lancer le podcast « Monde numérique », sous un format d'émission centré sur la tech. J'ai adoré France Info pendant des années, mais la durée de la chronique me contraignait. Il ne faut pas tomber dans l'excès, non plus : Matthieu Stefanie fait des podcasts de 3 heures où il interviewe des entrepreneurs et nous écoutons ça comme un roman. Moi, c'est beaucoup plus court, entre 30 et 40 minutes.

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La guerre à l’eau tiède !

Vos convictions sont vos armes commerciales.
Oui mais : 71% des C-level en Europe estiment que les contenus de marque sont… « boring ». Et ils sont 64% à attendre qu’une marque adopte un point de vue authentique et original. Et oui, soyons honnête, qui aime écouter Pépé radoter les tendances connues depuis 2 ans ? C’est pourquoi à Story Jungle, nous avons décidé de mener la guerre à l’eau tiède. C’est notre mission !

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