Edition du samedi 27 février 2021

Clubhouse bouscule le game

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Alors que les organisateurs d'événements virtuels se creusent la tête pour attirer du public, Clubhouse bouscule l'ordre établi. L'application audio, lancée en mars 2020, « est le seul réseau permettant d'attirer 1 000 abonnés chaque jour en organique, sans dépenser 1 euro ». 

C'est en tout cas l'expérience d'Anthony Bourbon, CEO de Feed, qui a su tirer parti des avantages de la plateforme très rapidement. En seulement deux semaines, son compte Clubhouse a récolté plus de 11 000 abonnés. « C'est une plateforme à privilégier lorsqu'on apprécie un format en direct, spontané et sans filtre », soutient-il. À raison de trois rooms par jour – sujets grand public, masterclass, échanges avec l'audience –, la stratégie est efficace, car quotidienne, régulière. Être présent sur Clubhouse aujourd'hui illustre surtout le fait que « votre marque est branchée, en avance sur son temps et qu'elle donne la parole à ses consommateurs ». 

Et quitte à avoir une stratégie de contenus offensive, autant profiter de la portée généreuse de Clubhouse, tant qu'elle existe. Ça se passe maintenant. Même si la France est à la traîne en Europe, avec environ 45 000 utilisateurs (pointés la semaine dernière, ça va vite).

De son côté, Ruben Taïeb, fondateur de l'agence Le Cocon, confie avoir gagné trois clients grâce Clubhouse, cultivant son personnal branding : « Ce n'est pas mal, mais par rapport au temps passé dessus, pas tant que ça », nuance-t-il. 

« Je ne comprends pas encore tout à fait l'attrait du Clubhouse et des Spaces, mais si j'étais en charge de conférences "virtuelles" de l'industrie, je regarderais le phénomène un peu nerveusement », tweete le journaliste Jack Marshall, passé par le Wall Street Journal et Digiday. 

Pour la journaliste Clara-Doïna Schmelck, la logique actuelle des réseaux sociaux tels que Clubhouse (et Twitter Spaces) n'est plus de diffuser des contenus gratuitement, mais bel et bien de nous « engager à imaginer des animations gratuitement pour maintenir les utilisateurs plus longtemps sur une même plateforme ». Capter notre temps d'attention le plus longtemps possible. 

Et à l'heure de la distanciation sociale, l'application constitue un parfait outil de réseautage, où les gens se rassemblent autour de sujets de niche. « J'avais créé une room autour du concept "36 questions pour tomber amoureux" et Scooter Braun, le manager de Justin Bieber, nous a rejoints », partage Andrew Lee, associé du fonds Initialized Capital et investisseur dans la start-up, dans les Echos. 

Si la plateforme est une opportunité en or (pour l'instant) pour créer une communauté rapidement, elle en agace déjà certains. « Clubhouse partage des similarités avec les cours médiévales : la royauté a le droit tout puissant de convoquer des rassemblements et de décider des règles. Les nobles peuvent être appelés à s'exprimer. Les serfs doivent écouter », regrette Nathan Benaich, investisseur du fonds Air Street. 

Après une semaine sur la plateforme, notre envoyé spécial Gilles Prigent (accessoirement CEO de Story Jungle) analyse : « Une pincée des débuts de Twitter, un petit arrière-goût de mandarinat, une louche d'entre-soi, et l'air frais des premières radios libres... Clubhouse irrite, rend addict, ringardise et défie les réseaux sociaux en place ». Au fait, on fait une room sur le sujet mardi 2 à 13h. Venez en débattre avec nous.
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JUNGLE STORIES
L’atout des Visual Investigations ? La transparence : “le public peut voir la preuve de ses propres yeux”.

Chacune de leurs enquêtes est une bombe. L'équipe des Visual Investigations du New York Times est spécialisée dans la vérification des faits, avec pour matériel d'investigation des données libres d'accès sur le Net. Depuis sa création en 2017, le service a été récompensé entre autres par un prix Pulitzer (2020). Malachy Brown, Senior Producer des Visual Investigations du New York Times, s'est prêté au jeu de l'interview pour Story Jungle. Il y évoque les coulisses de grandes enquêtes et donne des outils très utiles pour se lancer soi-même dans la course à l'investigation.
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illustration de fougéres
UN PAVÉ DANS LA JUNGLE
Twitter vous propose de faire passer vos abonnés à la caisse. Suivant la vague de la « Passion economy », le réseau à l'oiseau bleu a annoncé le lancement de la fonction « Super Follow », lors de sa conférence « Analyst Day » qui a eu lieu ce jeudi 25 février. Le principe ? Les utilisateurs auront la possibilité de faire payer à leurs followers l'accès à des contenus exclusifs – qu'il s'agisse de newsletters réservées aux abonnés via Revue, de vidéos, de tweets bonus, ou encore d'accès à des groupes... Une initiative qui intervient à un moment où Twitter souhaite se détacher de la publicité pour diversifier ses sources de revenus, « tant pour lui-même que pour ses utilisateurs les plus prolifiques », analyse The Guardian. 

Pourquoi c'est un pavé ? C'est un modèle réclamé depuis longue date par les utilisateurs de Twitter et des investisseurs de l'entreprise. « Super Follows permettra aux créateurs et aux éditeurs d'être directement soutenus par leur public et les incitera à continuer à créer des contenus que leur public aime », explique la société dans un communiqué, à la manière de Patreon, Substack et OnlyFans. L'entreprise basée à San Francisco a pour ambition d'engranger un chiffre d'affaires annuel d'au moins 7,5 milliards de dollars d'ici à 2023, soit plus du double de ses revenus de 2020 (3,7 milliards). « C'est la première fois que Twitter fait part d'objectifs financiers sur le long terme, et cet optimisme a provoqué un bond de l'action à Wall Street » note 20 minutes. Pour atteindre cet objectif, les abonnements ne suffiront pas, soutient Axios. L'entreprise doit se rendre plus accessible pour les petits et moyens annonceurs souhaitant faire de la pub sur le réseau social. « Et pas seulement aux Fortune 500 companies. »


Et sinon, rien n'a changé depuis « Les nouveaux chiens de garde ». Le magazine Capital a épinglé la petite industrie de « ménages », mise en place par TF1. Harry Roselmack, Christophe Beaugrand, Denis Brogniart n'hésitent pas à vendre (à prix d'or) leurs services et leur popularité, au compte d'entreprises... Et la chaîne du groupe Bouygues de prendre une petite commission au passage. C'est du joli !
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UN FORMAT À LA LOUPE
Spotify a annoncé de nouveaux outils pour aider les créateurs de podcasts à développer des émissions plus interactives
Spotify a annoncé lundi dernier une série de nouveaux outils pour aider les créateurs de podcasts à développer des émissions plus interactives sur sa plateforme. « C'est un game-changer pour nous », a annoncé Sara Lerner, Head of Strategy for Podcast Formats chez Spotify dans une vidéo de présentation. Si la musique occupe une place prépondérante dans le catalogue de Spotify, les podcasts « contribueront à attirer l'attention des utilisateurs sur le long terme et à favoriser la croissance de l'entreprise » (Axios). Au programme : des sondages et des fonctionnalités de questions-réponses pour les podcasteurs utilisant Anchor, un service de création et de diffusion des podcasts, des vidéos pourront être intégrées aux podcasts – une fonctionnalité aujourd'hui disponible seulement pour quelques élus. « Spotify met en place des fonctionnalités de type Clubhouse qui permettront aux podcasteurs d'animer plus facilement des discussions en direct avec leur public », explique le journaliste Simon Owens. Et qui permettra également aux podcasteurs d'avoir des insights concrets sur l'audience qui les écoute. 

La société a également annoncé le lancement d'un partenariat WordPress qui permet aux blogueurs de transformer plus facilement leurs articles en podcasts, soit en les lisant eux-mêmes, soit en utilisant la technologie de synthèse vocale fournie par Anchor.

Retrouvez également ici notre discussion d'il y a 2 semaines avec Prune Nouvion, directors of Sales, sur les priorités de Spotify en 2021.
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LE CONTENU QU'ON AURAIT ADORÉ FAIRE
Samedi 27/02 Contenu qu'on aurait aimé
C'est « le pire crime contre l'humanité du XXIe siècle », avertit le député européen Raphaël Glucksmann. Les journalistes du New Yorker ont mené une enquête stupéfiante, intitulée « Inside Xinjiang's Prison State » sur la répression violente des Ouïgours par la Chine. Dans un format impressionnant – où s'entrecroisent dessins animés en 3D, textes, extraits audio, cartes du Xinjiang – le média donne la parole aux survivants, qui révèlent l'ampleur d'une campagne de persécution massive contre les minorités musulmanes, opérée dans le nord-ouest de la Chine. Plus d'un million de Ouïgours ont été placés dans des centres de rééducation politique... En un prologue, cinq chapitres et un épilogue, l'internaute assiste au « plus grand internement de minorités ethniques et religieuses depuis la Seconde Guerre mondiale ». Terrifiant.

LE CONTENU QU'ON A AIMÉ FAIRE
Facebook, Instagram, Whatsapp : 2021, l'ère du social selling

En 2021, Facebook accélère sur le #socialselling et mise sur le Discovery commerce. On en a parlé avec Severine Six de Facebook.
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UNE DERNIÈRE LIANE POUR LA ROUTE
« Nous avons tous dans nos familles un parent qui était paysan. Si nous étions nés un siècle plus tôt, nous serions encore une majorité à vivre à la campagne. » Si vous l'avez raté mardi soir sur France 2, Story Jungle vous conseille Nous paysans – qui a connu un succès d'audience mérité avec 5 millions de téléspectateurs. Ce documentaire méticuleux réalisé par Fabien Béziat et Agnès Poirier retrace un siècle de mutation dans les campagnes françaises et s'interroge : comment nourrir la population, avec un nombre restreint d'agriculteurs et des moyens réduits à peau de chagrin ? Comment gérer la crise climatique qui s'annonce ? Comment se sauver, tout simplement ? Un documentaire sensible, qui donne la parole aux agriculteurs, vétérans et jeunes recrues.
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