Envie de parcourir la jungle des contenus avec nous ?

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER

Inscrivez-vous à la newsletter Story Jungle

Explorer les nouvelles narrations et les nouveaux usages des contenus.
Chaque semaine, la newsletter de Story Jungle explore, repère et teste les nouveaux usages des contenus.

Édition du samedi 20 novembre 2021 Samedi 20 novembre 2021

Twitter : vers un exode des journalistes ?

Partager sur twitter | Partager sur LinkedIn | Partager sur facebook
« Se lancer dans des querelles mesquines sur des questions ésotériques, faire face à des attaques sectaires et de mauvaise foi de la part d'utilisateurs anonymes et de robots, supporter une stimulation cérébrale incessante qui peut déformer la perception » : face aux travers de Twitter, un nombre croissant de journalistes lèvent le pied sur le réseau social à l'oiseau bleu, voire gazouillent vers d'autres horizons, rapporte la revue Poynter. 

Si on ne peut toutefois pas parler d'« exode massif », les usages se transforment – la plateforme deviendrait un outil de veille raisonné plutôt qu'un lieu de partage animé  : suppression d'anciens tweets, désactivation temporaire du compte, mot de passe donné à des amis, sélection de comptes individuels pour suivre un sujet particulier, attention portée aux titres plutôt qu'aux personnes, redirection vers d'autres plateformes comme celle, open source, de Mastodon – « alternative plus conviviale », note le média. Les combines sont nombreuses pour calmer l'addiction, et soigner son rapport à l'information (et aux autres). On a tâté le pouls Twitter de (quelques) journalistes français. Revue des témoignages. 

Prendre ses distances ou couper les ponts

Depuis quelques mois, Élise Racque, journaliste radio à Télérama, a pris ses distances avec la plateforme. Elle a supprimé les notifications de son smartphone, tweete beaucoup moins, s'oblige pendant les vacances à ne rien twitter ou retwitter. « J'indique publiquement que je suis en pause pour ne pas culpabiliser de ne pas être présente sur les sujets que je couvre », confie-t-elle à Story Jungle.

Plusieurs raisons motivent son choix : l'angoisse très présente du harcèlement en ligne, mais aussi une vision déformée de la réalité. « Twitter est un réseau de journalistes. Cela nous maintient entre nous et biaise notre regard sur le monde. C'est un réseau élitiste », rapporte-t-elle. Pour rappel, la plateforme compte 326 millions d'utilisateurs actifs mensuels. Un nain comparé à Facebook et ses 2,91 milliards d'utilisateurs ! 

Le fond des WC 

Pour d'autres, Twitter a perdu son aura d'antan. Rémi, ancien journaliste tout juste passé dans la communication, porte un regard critique sur la plateforme : « J'ai désinstallé l'appli il y a un an. Le point de bascule, c'est quand j'ai réalisé que j'y allais régulièrement et n'y trouvais jamais rien d'intéressant à part des trucs débiles que je forwardais. Les concours du tweet le plus subtil, drôle, féroce, c'est lassant à la fin. C'est devenu le fond des WC [*nous avons pudiquement remplacé le mot prononcé, ndlr]», déplore-t-il.

Pour Rodrigue Arnaud Tagnan, journaliste free-lance et chargé de l'information et de la communication au réseau de lutte anti-corruption ren-lac, « l'effet Twitter s'est estompé » : « Le flux est hyper massif. La plateforme n'a plus forcément le monopole de la primeur de l'info. Avant, c'était à la mode et la chasse aux followers, un phénomène désormais en recul. Autre point. Je suis maintenant au Burkina Faso. Twitter est loin d'être le premier réseau d'info ici. WhatsApp et Telegram sont bien loin devant. Ne parlons pas de Facebook - le média social par excellence », explique-t-il. 

Par ailleurs, si Twitter participe à la construction de l'image de marque pour le journaliste en quête de notoriété, l'usage actif de la plateforme peut rapidement faire tomber « dans la course au scoop, et pousse à tweeter à tort et à travers en oubliant la déontologie du métier », regrette Élise Racque. Même si elle reconnaît que le nombre d'abonnés et l'image de marque sont un enjeu important pour les journalistes précaires.

« Twitter, un outil de travail plus qu'un lieu de partage »

Pour Damien, salarié d'une agence de presse, Twitter est devenu « un outil de travail plus qu'un lieu de partage ». Après avoir relayé des articles « qui lui semblaient intéressants », et fait de l'autopromotion de ses dépêches pendant un temps, le journaliste constate que cette activité ne lui apporte pas grand-chose : « Soit ça tombe dans l'oubli parce que les sujets ne sont pas polémiques et que mon compte n'est pas très suivi, soit je fais de la promotion pour mon employeur, au risque de passer du métier de journaliste à celui de community manager. » Aujourd'hui, Damien a changé son hygiène Twitter : il s'appuie sur le réseau principalement pour suivre des comptes, mais tweete beaucoup moins qu'avant. 
Partager sur twitter | Partager sur LinkedIn | Partager sur facebook
JUNGLE STORIES
TechTrash : les recettes d'une newsletter qui cartonne

TechTrash : les recettes d'une newsletter qui cartonne

Connaissez-vous Tech trash, la newsletter tech bête et méchante ? Avec son ton décapant, Tech Trash secoue son marché et la boîte mail de ses 40 000 abonnés.

Rencontre avec ses fondateurs qui ont lancé cette année Climax, une seconde newsletter et Courriel, un studio dédié à ce format.
Partager sur twitter | Partager sur LinkedIn | Partager sur facebook
illustration de fougéres
UN PAVÉ DANS LA JUNGLE
Il est compliqué d'établir un diagnostic précis sur l'état de l'économie des créateurs. Dernièrement, Axios titrait sur la faillite de ce système, 1 % des créateurs empochant la vaste majorité des revenus : « les nouvelles plateformes ont longtemps offert l'espoir de donner du pouvoir aux voix mineures, mais ce sont les créateurs les plus importants qui en tirent le plus de bénéfices », écrivait le média.  

Pourquoi c'est un pavé ? 

Pour Simon Owens, cette vision est fausse. Le journaliste tech préconise de nouvelles méthodes de calcul pour mesurer un taux de succès. Il propose la règle : « 100 pieces of content rule » : quel est le revenu moyen des podcasts qui ont produit au moins 100 épisodes ; quel est le revenu moyen des YouTubeurs qui ont publié au moins 100 vidéos ; le revenu moyen des auteurs de newsletters qui ont écrit au moins 100 contenus. « En utilisant cette méthode, vous éliminerez un grand nombre de créateurs qui n'étaient pas si dévoués que ça à leur métier. Je parie que vous obtiendrez un taux de réussite bien supérieur à 1 % », soutient-il. Voilà qui va plaire à plusieurs candidats à notre élection présidentielle : la valeur travail !

Simon Owens souligne un autre point important. Si le top 1 % des stars des médias sociaux touche le jackpot, il emploie aussi beaucoup de monde. « Dans un récent épisode de How I built this, les fondateurs de la chaîne YouTube Dude Perfect ont révélé qu'en plus des 5 personnes qui apparaissent devant la caméra, l'entreprise emploie 20 personnes qui travaillent en coulisses », explique-t-il. Selon les chiffres cités par le journaliste, il existe actuellement 22 000 chaînes YouTube, comptant au moins 1 million d'abonnés. « Si chacune de ces chaînes emploie en moyenne 5 personnes, cela représente 110 000 emplois. Cela fait beaucoup de créateurs qui vivent du top 1 % des comptes YouTube. »


UN FORMAT À LA LOUPE
Samedi 20/11/21 - NL4 FORMAT
Depuis maintenant sept ans, Facebook (désormais Meta) développe un projet ambitieux au sein de sa division recherche Reality Labs Research : celui d'un gant pneumatique capable de reproduire les sensations telles que la saisie d'un objet ou le passage de la main sur une surface. L'entreprise présente ce nouvel outil comme l'avenir de l'interaction VR et AR. « De manière simplifiée, le prototype est un gant garni d'une quinzaine de coussinets en plastique striés et gonflables (...) Ces coussinets sont disposés de manière à s'adapter à la paume, au-dessus et au bout des doigts des personnes qui le portent », explique The Verge.  Simple gadget ou prochaine porte d'entrée dans le metavers ?
LE CONTENU QU'ON AURAIT ADORÉ FAIRE
Samedi 20/11/21 - NL5 ON AURAIT AiME FAIRE
En parlant de métavers, les Islandais ne manquent pas d'humour. La plateforme Inspired by Iceland a lancé une campagne amusante pour promouvoir leur patrimoine naturel. S'inspirant de la vidéo de Mark Zuckerberg présentant le métavers le 28 octobre dernier, un certain Zach Mossbergsson – « chief visionnary officer », clone du fondateur de Facebook – présente son « Icelandverse », au milieu d'un paysage magnifique bien réel : « De la réalité vraiment augmentée sans casques ridicules. C'est complètement immersif, avec de l'eau qui est mouillée. Vous pouvez observer de gros geysers à une distance de sécurité », énumère-t-il, avec des mimiques aussi naturelles que celles du fondateur de Facebook. La vidéo, postée le 11 novembre, a déjà récolté 1 million de vues sur YouTube. Beau joueur, Mark Zuckerberg a promis de faire un tour dans cet univers parallèle prochainement.
UNE DERNIÈRE LIANE POUR LA ROUTE
« La racine du problème de l'argent est qu'il faut de la confiance. Il faut faire confiance aux banques, aux processus de paiement, aux banques centrales. Le bitcoin supprime cette obligation de confiance. »  Dans une websérie animée fluide et passionnante – 6 épisodes de dix minutes – le réalisateur Rémi Forte raconte l'origine du bitcoin, monnaie électronique anonyme et autonome, sa philosophie, et tente de percer le mystère de son créateur – caché sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto. On apprend que le bitcoin est le fruit d'une dizaine d'années de réflexion, d'acteurs passionnés, mais surtout qu'il provient d'un mouvement idéologique libertarien cypherpunk ! Dès 1993, les cypherpunks, un groupe d'activistes de la région de San Francisco, promouvaient un chiffrement fort. Leur crédo ? Un être humain ne peut réellement s'exprimer que s'il peut protéger son anonymat. Le Mystère Satoshi, aux origines du bitcoin, disponible sur arte.tv (avec en prime, la voix off de Thibault de Montalembert, alias Mathias Barneville dans Dix pour cent !).

Un commentaire, négatif ou positif ? N'hésitez pas à nous envoyer un mail : alexandra.klinnik@storyjungle.io
A lire ou à voir également sur le même sujet

Acheteurs B2B : l’ère de la conversation

Reposez ce téléphone : le cold call, c'est fini. Pour convaincre des cibles B2B toujours plus exigeantes, une connaissance précise de sa cible s'impose.

Reposez ce téléphone : le cold call, c'est fini. Pour convaincre des cibles B2B toujours plus exigeantes, une connaissance précise de sa cible s'impose.

Newsletter LinkedIn : ce game changer

En mars, LinkedIn étendait l'accès à sa toute nouvelle fonctionnalité, la newsletter, aux pages entreprise. Elle était déjà disponible pour les membres depuis fin 2021...

LinkedIn ajoute des vidéos à ses carrousels

Carrousels : avec cette nouvelle fonctionnalité LinkedIn, fini le bricolage !

Carrousels : avec cette nouvelle fonctionnalité LinkedIn, fini le bricolage !

Reels : le réel pari de Meta

Instagram ne jure plus que par Reels – ce format vidéo calqué sur celui de TikToK. Selon Matt Navara, expert réseaux sociaux, la filiale de Meta songe à transformer toutes...

Instagram ne jure plus que par Reels – ce format vidéo calqué sur celui de TikToK. Selon Matt Navara, expert réseaux sociaux, la filiale de Meta songe à transformer toutes les publications vidéo en Reels.

VivaTech 2022 : Story Jungle fait le point

VivaTech 2022, le salon international dédié aux innovations et aux start-up, se tient du 15 au 18 juin à Paris. Story Jungle a fait le tour.

VivaTech 2022, le salon international dédié aux innovations et aux start-up, se tient du 15 au 18 juin à Paris. Story Jungle a fait le tour.

Les influenceurs... ces nouveaux journalistes ?

Une nouvelle génération d'influenceurs en ligne apparaît. De plus en plus de créateurs réalisent l'intérêt de couvrir l'actu sur leurs chaînes...

Une nouvelle génération d'influenceurs en ligne apparaît. De plus en plus de créateurs réalisent l'intérêt de couvrir l'actu sur leurs chaînes. Au détriment des médias traditionnels.

Instagram en pleine crise d'identité

Facebook traverse une crise d'identité.

Facebook traverse une crise d'identité.

Influenceur way of life

Dans l'imaginaire collectif des jeunes générations, le moyen le plus rapide pour devenir riche serait de devenir... influenceur

Dans l'imaginaire collectif des jeunes générations, le moyen le plus rapide pour devenir riche serait de devenir... influenceur

Ça bouge (tellement) sur la planète Twitch

Les streamers deviennent grand public et organisent des festivals.

Les streamers deviennent grand public et organisent des festivals.

Créer des points d’entrée pour votre marque B2B

Partant du principe que « les souvenirs génèrent des ventes », une nouvelle étude du B2B Institute avec Ehrenberg-Bass invite les spécialistes du marketing B2B à créer...

Partant du principe que « les souvenirs génèrent des ventes », une nouvelle étude du B2B Institute avec Ehrenberg-Bass invite les spécialistes du marketing B2B à créer des « réseaux plus larges et plus frais » en exploitant le pouvoir « des points d'entrée des catégories ». Story Jungle l'a lue pour vous.

Quand le B2B s’invite sur la Croisette

Le B2B a aussi sa place sur la Croisette. Pour la première fois, le B2B était présent aux Cannes Lions, grande fête de la créativité publicitaire tenue cette année fin juin...

Le B2B a aussi sa place sur la Croisette. Pour la première fois, le B2B était présent aux Cannes Lions, grande fête de la créativité publicitaire tenue cette année fin juin, sur la Côte d'Azur. LinkedIn y était même le partenaire officiel par le biais de son think tank, le B2B Institute.

Anthony Bourbon, CEO de la foodtech Feed.

Anthony Bourbon est un entrepreneur atypique. Parti de rien – il a même connu la rue –, il crée en 2017 la marque Feed.

Anthony Bourbon est un entrepreneur atypique. Parti de rien – il a même connu la rue –, il crée en 2017 la marque Feed.

Naomi Simson, entrepreneuse

Suivie par plus de deux millions de personnes sur LinkedIn, Naomi Simson est entrepreneuse et cheffe d'entreprise.

Suivie par plus de deux millions de personnes sur LinkedIn, Naomi Simson est entrepreneuse et cheffe d'entreprise.

Les leçons à retenir d'une newsletter ratée

Les leçons à retenir d'une newsletter ratéeAprès avoir réalisé une newsletter payante – peu concluante – pendant cinq mois, un étudiant journaliste à The Greeley Tribune...

close
{POPUP_CONTENT}