Edition du samedi 24 juin 2023

La création de contenus évolue, YouTube aussi !

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« Les créateurs de contenus et les fans ont toujours façonné la culture populaire – mais en 2023, ils ont commencé à la définir. » C'est par ces mots que s'ouvre l'édition 2023 du YouTube Culture & Trends Report qui, cette année, cherche à comprendre comment « les créateurs utilisent des outils et technologies révolutionnaires pour donner une nouvelle direction particulièrement excitante à la pop culture ». En d'autres termes : comment les récentes avancées technologiques ont modifié la création de contenus sur YouTube et quels sont les grands changements dans la façon dont l'audience les consomme ? Pour les identifier, l'équipe Culture & Trends de la plateforme s'est appuyée sur une étude menée par Google et Ipsos auprès d'un public adulte connecté de 18 à 44 ans (et une plus spécifique sur la Gen Z, âgée de 18 à 24 ans) dans une quinzaine de pays répartis sur les cinq continents.
 
50 nuances de Fandom
 
82% des personnes interrogées ont posté du contenu vidéo au cours des douze derniers mois (toutes plateformes confondues), 40% se définissent même comme des créateurs de contenus vidéo et 68% disent consommer des vidéos sur leurs sujets de prédilection dans tous les formats (formats courts, longs, podcasts, live streams, etc.). Des fandoms (ces sous-cultures associées aux domaines de prédilection des différentes fanbases) qu'Airrack – créateur aux treize millions d'abonnés YouTube – illustre dans une vidéo qui résume les principaux enseignements du rapport en croquant à pleines dents dans un oignon : « Il y a une multitude de couches et, parfois, les gens pleurent. » Au fur et à mesure de l'évolution du paysage numérique, ces fandoms sont de plus en plus stratifiés, avec différents niveaux d'implication de l'audience. Des superfans qui, tout en haut de la pyramide, expriment leur passion en créant du contenu connexe varié, aux fans plus « casual » qui calibrent leur fil pour ne rien rater, en passant par ceux qui utilisent les Shorts pour interagir avec les marques en reprenant ou détournant leurs contenus, les utilisateurs s'engagent davantage et sur une multitude de formats.
 
Plus de formats pour plus de personnalisation
 
Des contenus « par les fans, pour les fans » dont la popularité explose, chiffres à l'appui : 54% des sondés préfèrent regarder des créateurs commenter un évènement plutôt que l'évènement lui-même (cérémonie des Oscars, des Grammys, évènements sportifs, etc.), 47% de la Gen Z indiquent avoir regardé des vidéos faites par les fans sur des sujets, artistes ou figures publiques spécifiques au cours des douze derniers mois, et 67% préfèrent que leurs créateurs favoris s'aventurent sur différents formats... Un tremplin vers plus de personnalisation, rendu possible par les nouvelles fonctionnalités implémentées par YouTube. Des options comme les sous-titres ou les pistes audio multilingues permettent désormais de briser les barrières culturelles, géographiques, linguistiques, et donc d'accéder à une plus grande variété de contenus en taillant sur mesure sa propre expérience. Résultats : sur les douze derniers mois, 87% des sondés ont regardé au moins quatre formats différents proposés par YouTube et 54% suivent au moins un créateur qui publie dans une langue étrangère à la leur. D'autres outils comme la possibilité de clipper ses vidéos (en particulier pour les podcasts et les live streams) participent également à cette explosion en renforçant le potentiel viral d'un contenu. YouTube estime d'ailleurs à plus de 14 millions le nombre de vidéos créées chaque mois grâce à cette fonctionnalité.
 
L'IA dans tous ses états
 
Depuis le début de l'année, les contenus qui utilisent ou traitent de l'intelligence artificielle cumulent 1,7 milliard de vues sur la plateforme. « L'IA est partout, enfoncent les équipes de YouTube. Mais pour réaliser à quel point elle est en train de transformer la pop culture, il est crucial d'étudier la façon dont les créateurs s'adaptent à cette technologie afin d'approfondir et revisiter leurs idées. » Des créateurs réels – comme ceux du Corridor Crew, qui transforment des scènes filmées sur fond vert en animés bluffants de réalisme grâce à l'IA générative – ou fictifs – avec les VTubeurs (pour « virtual Youtubers »), qui se multiplient pour ambiancer les fans de K-pop, par exemple. Et parfois même à mi-chemin entre les deux : c'est le cas de RuiCovery, une vraie personne dont seul le visage est généré par une IA, offrant ainsi une forme d'immortalité aux influenceurs, comme l'ont fait remarquer Colin Rosenblum et Samir Chaudry, co-animateurs du podcast Colin and Samir, à Kevin Allocca, Global Director of Culture & Trends de YouTube : « Il existe maintenant un scénario dans lequel le créateur est un VTubeur qui a construit quelque chose de vraiment fort, un gros business, mais qui est arrivé au bout ou qui a juste envie de prendre sa retraite... Quelqu'un qui travaille pour lui, par exemple, peut alors reprendre le flambeau sans que personne ne remarque quoi que ce soit [...] Nous avons donc la possibilité de créer un humain modifiable, capable de produire du contenu évolutif pendant des centaines d'années, de devenir une vraie marque... Les retombées business sont fascinantes et nous allons voir de plus en plus d'entreprises investir dans ces créateurs virtuels. Si le public est enclin à interagir avec eux, bien entendu... » Ce qui est déjà le cas, puisque 52% des sondés ont regardé un VTubeur au cours des douze derniers mois et 60% se disent ouverts aux vidéos de créateurs qui utilisent l'IA pour générer du contenu.
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illustration de fougéres
UN PAVÉ DANS LA JUNGLE
Et si les magnats de la tech n'étaient en fait que de grands enfants qui se chamaillent dans la cour d'une école à plusieurs milliards de dollars ? Si l'on se fie au dernier échange entre Elon Musk et Mark Zuckerberg, la question est tout à fait légitime. Puisque la news a déjà fait le tour de la toile, ne tournons pas autour du pot : oui, Elon Musk a proposé d'affronter Mark Zuckerberg dans un octogone (le nom donné au ring d'un combat de MMA). Et oui, le Zuck, combattant aguerri qui a déjà remporté plusieurs compétitions de jiu-jitsu brésilien, a accepté le défi. Comme bien souvent avec les beefs d'ados turbulents, tout a commencé sur les réseaux sociaux... Interpellé mercredi dernier par un twittos qui lui conseillait de se méfier du niveau de jiu-jitsu de Zuckerberg sur une publication les opposant, le maître du réseau à l'oiseau bleu est alors intervenu pour préciser que « s'il est d'accord, je suis partant pour un combat en cage, lol ». Réponse le lendemain du boss de Meta : « Envoie-moi l'adresse », via une capture d'écran publiée sur son compte Instagram à laquelle ce bon vieux Elon a vite répliqué en deux tweets. D'abord pour proposer « un octogone de Vegas ». Ensuite pour préciser qu'il a, lui aussi, une botte secrète : « une super prise que j'appelle "Le Morse", où je reste allongé sur mon adversaire sans rien faire ». Vannes. Humour. Testostérone.
 
Pourquoi c'est un pavé ? Derrière cet échange - aussi puéril que prometteur s'il débouche un jour sur un vrai combat dans l'octogone du MGM Grand de Las Vegas -, se cache en fait une offensive bien plus dangereuse pour l'empire Musk que les poings gantés de Zuckerberg. Depuis de nombreux mois, Meta planche sur une application concurrente de Twitter qui, selon le média The Verge, pourrait sortir dès cet été. Elle devrait s'appeler Threads, être compatible avec Instagram, et Chris Cox, Chief Product Officer chez Meta, la qualifiait dans une note interne révélée début juin de « notre réponse à Twitter », en assurant que les créateurs et autres personnalités publiques veulent « une plateforme qui soit dirigée sainement, en laquelle ils peuvent croire et avoir confiance ». Oups ! La tension devrait donc continuer de monter crescendo entre les deux géants, même si le New York Times précise que malgré cette « démonstration proéminente du ton provocant et combatif de la "bro culture" dans la Silicon Valley, les embrouilles sur les réseaux sociaux sont rarement, voire jamais, transposées dans la vie réelle ». Tant pis pour la bagarre.
UN FORMAT À LA LOUPE
Samedi 24/06 NL4 - FORMAT
L'annonce est tombée la semaine dernière : Félix Lengyel, alias xQc, un Canadien faisant partie des streamers les plus populaires sur Twitch, vient de signer un deal monumental avec Kick, la plateforme rivale. Un contrat de 70 millions de dollars sur deux ans, qui peut monter à plus de 100 millions en fonction de certaines clauses, soit un montant comparable à la dernière extension paraphée par LeBron James, le pape de la NBA. Bien que xQc doive produire principalement sur Kick, il n'est pas lié exclusivement à la plateforme, peut donc apparaître occasionnellement sur YouTube ou TikTok et prévoit même de continuer à streamer un peu sur Twitch... Une sacrée prise et un joli pied de nez au moment où l'enseigne aux 31 millions de viewers quotidiens vient de changer sa politique de rétribution des streameurs en restreignant les types de publicités autorisés. Car, de son côté, Kick, plateforme australienne financée par des sites de paris et un casino en ligne, embrasse « une approche "streameurs-friendly". Elle ne prend que 5% des revenus générés par les souscriptions, comparés aux 50% ponctionnés par Twitch », dixit cet article du New York Times. Son directeur exécutif, Ed Craven, a même précisé que, en tant que startup, Kick peut se permettre de travailler à perte. Et même si, 24 heures après l'annonce du « transfert » de xQc, la plateforme avait enregistré un million de nouveaux comptes, avec seulement 110 000 live streams répertoriés chaque jour, cela peut durer encore un petit moment...
LE CONTENU QU'ON AURAIT ADORÉ FAIRE
Samedi 24/06 NL5 - CQAAF
Dans la catégorie « l'œuf ou la poule ? », voici une bonne question que tous ceux qui ont déjà affronté l'insomnie se sont peut-être déjà posée : est-ce parce que je suis insomniaque parce que je scrolle sur mon téléphone jusqu'à 5 h du mat', ou est-ce mon addiction au smartphone qui m'empêche de m'endormir à une heure décente ? Pour vous aider à trouver la réponse, à défaut du sommeil, The Verge publie une BD interactive réalisée par l'illustratrice américaine Gina Wynbrandt. Intitulée Goodnight Phone, cette fiction vous plonge dans la peau d'une jeune femme qui aurait mieux fait d'activer le mode avion. Constamment dérangée par les notifications d'une application fictive nommée « bed friend » censée l'aider à tomber dans les bras de Morphée, elle s'embarque dans les méandres de son esprit et succombe à toutes les tentations numériques jusqu'au petit matin, où une vilaine surprise l'attend... Mais chuuuut ! Pas de spoiler, on s'arrête là. Pour voir la fin, il faudra scroller jusqu'au lendemain.
UNE DERNIÈRE LIANE POUR LA ROUTE
C'est la madeleine de Proust de la semaine, et elle vous est offerte par Spotify. « Elle », c'est une fonctionnalité discrètement implémentée la semaine dernière par les développeurs de la plateforme suédoise. Pour en profiter, il suffit de lancer n'importe quelle playlist publique ou privée, de cliquer sur les trois petits points pour afficher le menu déroulant et de sélectionner la dernière option intitulée Manger cette playlist. Voilà, amis nostalgiques des 90's, sachez que vous venez de transformer votre smartphone en Nokia 3310 et que vous pouvez maintenant jouer au cultissime Snake avec les pochettes de vos albums préférés... Si vous êtes assez rapide, vous pouvez même ajouter le titre en cours de lecture à votre bibliothèque Spotify en appuyant sur le bouton « + ». Non, ne nous remerciez pas. Tout le plaisir est (aussi) pour nous !
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